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Le flou autour de l'attaque à Djibo, au Burkina Faso

Nancy-Wangue Moussissa
27 novembre 2023

Le JNIM aurait attaqué la ville de Djibo, dans le nord du Burkina Faso. Les informations qui circulent sont difficiles à vérifier.

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Burkina Faso | Dans la structure d'accueil de Nadiagou pour les déplacés, près de Ouagadougou (illustration)
Les habitants de Djibo ont peur de parlerImage : Richard Tiéné/DW

Une attaque djihadiste aurait eu lieu à Djibo, dans le nord du Burkina Faso. Les islamistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, le JNIM, qui tenaient la ville sous blocus, ont pris d'assaut ce dimanche le camp militaire.

Plusieurs soldats auraient été tués et des armes auraient été emportées. Mais il est très difficile de faire le point sur la situation sur place. L'attaque du camp militaire est confirmée par des habitants mais les militaires au pouvoir à Ouagadougou se contentent d'évoquer une contre-offensive de l'armée. 

Contre-offensive ? 

La base militaire de Djibo a été attaquée ce dimanche. L'Alliance des Etats du Sahel dit sur son compte X (anciennement Twitter) que l'attaque a été repoussée lors d'une contre-offensive.

L'assaut aurait débuté hier après-midi [26.11.23] aux environs de 14h. La base militaire a été encerclée, pilonnée et prise par les assaillants venus en très grand nombre, selon des sources locales.

Selon l'Agence d'information du Burkina Faso, 3.000 combattants djihadistes ont tenté de s'emparer de la ville et son camp militaire. 400 d'entre eux auraient été tués mais ce sont des chiffres qu'il est impossible de vérifier pour l'instant.

Selon des témoignages, les djihadistes sont arrivés en pick-up et à motos pour conduire leur attaque contre le camp militaire.

Des armes, des fusils d'assaut, des munitions et des véhicules blindés ont été emportés, selon une source locale. 

Ce ne serait que vers 18h que des moyens aériens de l'armée auraient effectué des frappes. Mais la plupart des assaillants avaient déjà fui, selon nos sources sur place.

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Informations contradictoires

Aucun chiffre n'est donné concernant les pertes humaines du côté de l'armée burkinabè.

Hier, l'organisation terroriste du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, le JNIM, a diffusé sur ses réseaux l'annonce selon laquelle "la caserne de Djibo a été prise d'assaut et les moudjahidines y sont toujours […]", sans davantage de détails.

Pourtant, des sources locales démentent la véracité de cette annonce. Les habitants restent prudents, confus devant le flou qui règne autour de la situation.

"Personne n'a une information vraiment fiable. Dieu merci, tout s'est bien passé. Les forces armées ont pris le contrôle, c'est fini. Le reste c'est compliqué, pour ne pas mentir", nous confie un habitant de Djibo.

Un membre des forces de sécurité burkinabè installe une barrière portant la mention "gendarmerie" pour barrer une rue (illustration)
Les civils craignent d'être enrôlés de force pour soutenir les forces de sécurité au frontImage : Ahmed Ouoba/AFP/Getty Images

Peur de l'enrôlement de force

Les Burkinabè redoutent en effet la répression et l'enrôlement forcé dans l'armée pour ceux qui transmettent des informations qui ne plaisent pas aux militaires au pouvoir.

"Chacun se force à fermer sa bouche. Vous et moi, on peut se retrouver demain sur Facebook, bien rasés et bien filmés en train d'aller au front", ajoute cet autre habitant de la région.

Depuis deux ans, la ville de Djibo est sous embargo du JNIM, l'organisation terroriste affiliée à Al Qaeda. Les djihadistes qui contrôlent les routes, empêchent les personnes et les marchandises d'entrer ou de sortir de la ville.

Prise en étau, la population a vu ses conditions de vie se dégrader et le ravitaillement est difficilement assuré par le Programme alimentaire mondial.

Le JNIM est le groupe islamiste le plus largement implanté dans la région, présent au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Il a revendiqué plusieurs attaques depuis septembre.